basket.timer.attention

basket.timer.time.is.running.out

Quand les accros à la course frisent-ils l'overdose ?

Cela a commencé par quelques sorties de jogging par semaine, mais à présent vous avez des sauterelles dans les jambes à tout moment de la journée. Comment s’explique cette sensation ? Et, comment savoir si l’on frise l’overdose de course à pied ?

Runners high

La limite entre des sorties de jogging régulières, pratiquées comme un loisir sain, et une véritable addiction à la course à pied est difficile à déterminer. Pour ceux qui ne courent jamais ou de manière épisodique, cette sensation peut paraître curieuse. Pourquoi certaines personnes, après une journée de travail très stressante et bien remplie, veulent-elles encore s’épuiser sur les grands chemins ? Si l’on va au-delà des arguments habituels – « je me sens renaître sous la douche après un entraînement », « je m’entraîne pour cette compétition » ou « je veux entretenir ma condition physique » – un autre phénomène intervient. Certains athlètes ne courent pas seulement par plaisir ou en quête de relaxation, mais aussi parce que leur corps le leur « commande ». Ce phénomène – que l’on appelle « runners high » ou l’extase ressentie par certains coureurs – fait l’objet de nombreuses recherches.

Endorphines

L’assuétude à la course s’explique comme suit : pendant l’effort, nos muscles produisent du lactate, une sorte de déchet. Cette substance incite à son tour le cerveau à secréter des endorphines. Si la course dure assez longtemps, des endorphines sont libérées dans le sang de façon massive, ce qui conduit à un sentiment d’euphorie : un phénomène positif qui masque la fatigue du coureur pendant un certain temps.

Phénomènes de sevrage

Après la course, la quantité d’endorphines dans le corps chute, même sous le niveau normal de l’endorphine. Un coureur entraîné ressent donc au repos une forte envie de revivre à nouveau l’« extase » de la course. Les coureurs intensifs qui doivent arrêter subitement leurs entraînements en raison, par exemple, d’une blessure, de crampes, passent donc par des « phénomènes de désentraînement », que l’on peut comparer à de véritables manifestations de sevrage. Le corps s’est habitué, au fil des nombreux entraînements, à une certaine quantité d’endorphines, qui n’est soudainement plus présente. Le fait d’avoir cassé cet équilibre fait naître un sentiment de malaise et de stress, pouvant aller jusqu’à l’insomnie, à une fatigue extrême et à des palpitations cardiaques. Arrêter de courir après une période d’entraînement intensif est donc fortement déconseillé. Il vaut mieux opter pour un programme d’entraînement dont on réduit progressivement l’intensité.

Trop, c'est trop

À côté de l’envie physique intense de courir, il faut également écouter les autres signaux envoyés par le corps. Les infections ou des blessures ennuyeuses découlent généralement d’un entraînement excessif. Dès lors, en établissant votre schéma d’entraînement, suivez surtout votre bon sens et respectez les limites de votre corps. L’assuétude à la course comporte tout de même un aspect positif : elle vous porte à repousser vos limites. Comme toujours, l’excès nuit en tout : trop, c’est trop. Notre principal conseil se résume donc à ceci : soyez conscient(e) du caractère accoutumant de la course. Profitez-en, mais ne poussez pas votre corps dans ses derniers retranchements. Pensez-y : en cas de blessure résultant d’une surcharge, vous serez privé(e) pendant des semaines, souvent des mois, de la sensation agréable de courir.