

Responsable du département voyage à l’A.S.Adventure Gand
Pas de voiture suiveuse, pas de postes de ravitaillement ni de chambre d’hôtel prête à vous accueillir le soir. La Transcontinental Race, ou TCR, est une course d’ultra-cyclisme en autonomie et autosuffisance à travers l’Europe. Cela signifie qu’en route, vous devez vous occuper vous-même de votre nourriture, de votre hébergement, de la navigation et des éventuels problèmes liés à votre vélo.
L’inscription est réglementée. Les candidats doivent remplir un questionnaire détaillé qui évalue notamment leur expérience et leurs connaissances en matière de planification d’itinéraire. Au final, environ 400 cyclistes sont autorisés à prendre le départ.
L’itinéraire n’est pas entièrement imposé. L’organisation détermine le point de départ, la ligne d’arrivée, quatre points de contrôle et un certain nombre de tronçons obligatoires. Chaque participant est libre de choisir comment relier ces points entre eux. Pour leur TCR, Andrea et sa sœur jumelle Luisa ont tracé un itinéraire d’environ 4 800 km. Leur objectif : rouler environ 200 km par jour. Les coureurs disposaient de 20 jours pour atteindre la ligne d’arrivée à Kalamata, en Grèce. Le vainqueur, Robin Gemperle, a mis à peine 10 jours et 9 h.
La préparation a nécessité un important travail de planification d’itinéraire. Les magasins, les stations-service et leurs heures d’ouverture ont été intégrés au préalable dans le GPS de vélo. « Une station-service, c’est le paradis des ultra-cyclistes : elle fait à la fois office de petit déjeuner, de salle de bain, de restaurant et de magasin. »

L’itinéraire entre les points de contrôle est libre. Chaque participant choisit comment relier le départ, les points de contrôle, les tronçons obligatoires et l’arrivée. Andrea et Luisa ont ainsi tracé leur propre itinéraire d’environ 4 800 km.

Andrea et Luisa ont mis 4 jours, en train, en bateau et en bus, pour rejoindre Trondheim. Au fil du trajet, les vélos devenaient de plus en plus nombreux. « On repérait tout de suite qui se rendait aussi à la TCR. La conversation s’engageait alors naturellement et un groupe se formait de lui-même. »
Le grand moment est arrivé un dimanche soir à 20 h. Pas de présentateur tonitruant, pas de musique, pas d’arche de départ. Simplement une place remplie de cyclistes prêts à s’élancer dans leur course à travers l’Europe. « J’attendais ce moment depuis des mois et, tout à coup, nous y étions. J’en avais la chair de poule ! »
La difficulté s’est fait sentir dès le départ. L’étape en direction du premier point de contrôle à Flåm comportait d’emblée près de 700 km et quelque 7 000 m de dénivelé. Mais les paysages norvégiens ont largement compensé nos efforts. « Par moments, on se serait cru sur la Lune : il n’y avait presque pas d’arbres, juste de l’herbe et des plaines à perte de vue. Puis on tournait la tête et, soudain, un immense glacier apparaissait. »
Lors d’une des premières ascensions, la route serpentait entre les montagnes. Des moutons se promenaient en toute liberté sur la chaussée. Andrea a regardé autour d’elle et a senti les larmes monter. « J’étais tellement reconnaissante de pouvoir vivre cette aventure. Ce paysage, ces moutons… Quand la nature réussit à me faire pleurer, c’est que je suis heureuse. »

Pendant leur préparation, les deux sœurs avaient créé une playlist commune. Lors d’une montée, Luisa chantait à tue-tête avec son casque sur les oreilles, sans remarquer qu’un autre participant roulait derrière elle depuis un moment. Arrivé en haut, il est venu rouler à son niveau : « Please keep on singing, because I don’t have music with me. »
De son côté, Andrea carburait aux chansons italiennes de Paolo Conte et Zucchero. Quand son énergie remontait, Luisa le remarquait tout de suite : Andrea la dépassait alors à vélo en chantant.
En revanche, les douleurs dues à la selle ont été pour le moins désagréables. « Les ampoules, je les ai vraiment senties passer. » À un moment donné, Andrea s’est même retrouvée avec un pansement anti-ampoules à un endroit plutôt inattendu. « Eh oui, ça aussi, c’est l’autonomie. » Conseil d’Andrea : appliquez régulièrement une crème anti-frottement ou de la crème Chamois en cours de route afin de limiter au maximum les irritations.
« J’ai été surprise de voir à quel point le corps suivait facilement, contrairement au mental. »

Sur le plan physique, la course a surpris Andrea de manière plutôt positive. « J’ai été surprise de voir à quel point le corps suivait facilement, contrairement au mental. Luisa et moi avons senti que nous pouvions tenir le coup physiquement. »
Mais les nuits courtes s’accumulaient et même les décisions les plus simples devenaient difficiles à prendre. Continuer encore une cinquantaine de kilomètres ou s’arrêter ? Où manger ? Où passer la nuit ? Les longs tronçons sans aucune habitation rendaient Andrea particulièrement nerveuse. « Pendant la préparation, nous nous étions surtout concentrées sur les kilomètres. Une fois sur la route, nous avons compris à quel point il était important de savoir où l’on allait finir la journée. »

Les sacoches de vélo d’Andrea ne contenaient rien de bien luxueux. Son choix s’est porté sur du matériel compact, léger et pratique pour la route. « En ultra-distance, chaque gramme compte. »
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