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Visite chez les abeilles heureuses de Babette (12 ans), apicultrice

Pour leur anniversaire, certains enfants demandent un trampoline, un beau livre ou un cochon d’Inde. Babette Van de Merckt (12 ans) de Sint-Niklaas, elle, voulait des abeilles ! Pour ses dix ans, ses parents lui ont offert une ruche. Depuis, elle est fière d’être apicultrice. Babette et son papa, Geert, veillent à ce que leurs 240 000 abeilles ne manquent de rien au jardin. Ce n’est pas un hasard si elles sont heureuses !


Abeilles inoffensives

Le jardin derrière la maison où Babette vit avec ses parents et sa sœur Juliette (14 ans) est soigneusement divisé en deux parties. La moitié la plus proche de la maison se compose d’une petite pelouse tondue, « idéale pour jouer au badminton ». Le royaume des abeilles commence plus loin. De grandes lavandes sont disposées autour d’un braséro dans un champ de fleurs luxuriant et coloré. Un petit étang se cache même entre les plantes. C’est là que les abeilles viennent s’abreuver. « Quand nous avons acheté la maison, le jardin était très soigné. La pelouse était bien structurée et agrémentée de buis. Les anciens propriétaires ont été surpris quand ils sont venus nous rendre visite », sourit la maman, Sieglinde. « Certains membres de la famille et amis trouvent notre jardin trop sauvage, mais il nous plaît ! »

 

« C’est un véritable festin pour les abeilles », ajoute Babette. « Elles trouvent du pollen juste à côté de leurs ruches et butinent les fleurs. Venez voir ! » Babette enfile sa combinaison, également appelée vareuse d’apiculture. Elle se compose d’une combinaison blanche, d’un chapeau avec un voile et de gants épais. Il ne reste pas un seul trou où les abeilles pourraient piquer. Quoique… « Ouille ! Mes chaussettes sont trop basses, il faut les remonter. »

Qui est Babette ?

Babette Van de Merckt a 12 ans et vient de terminer l’école primaire.

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Elle habite à Sint-Niklaas avec ses parents et sa sœur Juliette (14 ans).

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Elle adore l’apiculture et l’équitation.

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Elle aime grimper dans son hamac dans l’arbre.

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Elle apprécie les feux de camp entre amis.

Babette se dirige vers les ruches dans le fond du jardin. Nous pouvons la suivre avec nos vêtements normaux. La jeune fille remarque notre hésitation. « Ne vous inquiétez pas ! Les abeilles ne piquent pas rapidement. Ce sont des abeilles carnioliennes, une race assez inoffensive. Et si vous restez derrière les ruches, vous ne risquez pas grand-chose. Elles volent uniquement vers l’avant pour rejoindre les fleurs le plus rapidement possible. Vous voyez toutes ces abeilles devant cette ruche ? Ce sont les ouvrières qui effectuent des vols d’orientation. Elles apprennent ainsi à (re)connaître leur ruche. »

 

Nous avançons à petits pas. Il y a quatre ruches les unes à côté des autres. L’une d’entre elles est décorée : Babette et Juliette ont peint une porte et des fenêtres. Elle abrite une colonie de 60 000 abeilles. Babette nous informe que c’est environ le nombre d’abeilles que compte chaque ruche.

Festin sucré pour petites gourmandes

Son papa, Geert, nous rejoint. Il porte la même combinaison que Babette. Père et fille se sont rapprochés grâce à l’apiculture. « Babette voulait élever des abeilles et prendre soin de la nature. Et je la soutiens totalement ! »

 

« Quand j’ai une idée en tête, difficile de me faire changer d’avis », s’amuse Babette. C’est ainsi que les abeilles sont arrivées. Ils ont commencé avec une seule colonie, achetée à un vétérinaire, apiculteur durant son temps libre et qui leur a donné un cours accéléré d’apiculture. Deux ans se sont écoulés depuis. Aujourd’hui, ils ont quatre ruches et Geert a presque fini son cours d’un an à l’Imkersbond. « Nous avons énormément appris. L’examen aura lieu dans quelques jours », dit-il. « Je recommande de suivre un tel cours, car l’objectif est de prendre soin de ces insectes. »

« Nous marquons la reine pour la retrouver facilement. Il est important de vérifier de temps en temps si elle est toujours en bonne santé. »


Babette et Geert soulèvent le couvercle d’une ruche et dévoilent un bocal en verre. Il est retourné au-dessus d’un trou rond qui donne accès aux abeilles. Le couvercle du bocal est perforé de petits trous. « Si vous regardez attentivement, vous pouvez voir les langues des abeilles qui sortent de ces trous. Elles se régalent avec le sirop de sucre contenu dans le bocal », explique Babette. Et en effet, nous apercevons de petits tubes roses d’à peine un millimètre de diamètre qui entrent et sortent des trous à la vitesse de l’éclair. Nous pouvons maintenant dire que nous avons vu la langue d’une abeille de tout près !

 

« Le sirop de sucre apporte aux abeilles des nutriments supplémentaires », explique Geert. « Normalement, elles mangent elles-mêmes le miel qu’elles produisent. Mais comme nous en récoltons une partie, nous leur proposons des nutriments supplémentaires sous forme de préparations sucrées. Nous ne prélevons jamais tout le miel. C’est trop stressant pour les abeilles. »


Reine au dos coloré

Chaque ruche compte environ 11 cadres. « Les abeilles produisent du miel et du couvain (larves, NDLR) sur des alvéoles dans ces cadres », explique Geert. « Pour faciliter la tâche des abeilles, nous accrochons de la cire gaufrée aux cadres. Le motif d’une alvéole est déjà imprimé. Elles peuvent ensuite poursuivre leur travail. » 

Des cadres, des alvéoles et de la cire gaufrée. Cela se complique. « Attendez, je vais chercher un cadre vide », intervient Babette. Elle se dirige vers la maison. Tout devient un peu plus clair avec un exemple. Nous observons le cadre en bois qui présente une espèce de feuille de lasagne remplie de petits hexagones : c’est la fameuse cire gaufrée. « Les ouvrières construisent des alvéoles hexagonales des deux côtés. On y trouve le pollen et les larves, mais aussi le miel. »

 

« Dès qu’un cylindre est rempli de miel, les abeilles le scellent », poursuit Babette. Et une fois que toutes les alvéoles sont complètement fermées, la récolte du miel peut commencer. Mais ce sera pour plus tard. Babette et Geert veulent d’abord vérifier autre chose. « Nous allons chercher et marquer la reine de notre plus jeune ruche pour la retrouver facilement. Il est important de vérifier de temps en temps si elle est toujours en bonne santé. »

La reine des abeilles mène-t-elle une vie de chien ?

Que devez-vous savoir sur la vie de la reine des abeilles ?

  • La vie de l’abeille commence lorsque la reine pond un œuf.
  • Un œuf fécondé donne une ouvrière ou une nouvelle reine.
  • Si l’œuf n’est pas fécondé, il en sortira un faux bourdon (abeille mâle).
  • Les ouvrières et la reine ne reçoivent pas la même nourriture lorsqu’elles sont à l’état de larve. Les larves de la reine sont nourries de gelée royale jusqu’à ce qu’elles se transforment en chrysalides. Après avoir reçu de la gelée royale pendant trois jours, les larves d’ouvrières doivent se contenter d’un mélange de miel, de pollen et d’eau.
  • Lors du départ ou de la mort de la reine, plusieurs larves de reine sont toujours maintenues en vie pour augmenter les chances d’avoir une nouvelle reine. Si plusieurs reines sortent de leur chrysalide, la plus forte survivra ou une partie des reines essaimera pour trouver une nouvelle ruche.
  • Au cours de leur brève vie, les ouvrières veillent à ce que les cellules restent propres, nourrissent les larves, poursuivent le développement de la ruche, surveillent le nid et essaiment pour trouver de la nourriture.
  • Les faux bourdons servent uniquement à féconder la reine. Une fois qu’ils ont accompli leur mission, ils sont exterminés. C’est le massacre des faux bourdons. La colonie se prépare ensuite pour l’hiver.

Armés d’un marqueur à craie, Geert et Babette enlèvent la partie supérieure de la ruche. « Une ruche est divisée en deux parties. La partie supérieure s’appelle la hausse et la partie inférieure le corps de ruche », précise Geert. Son prochain examen devrait clairement bien se passer. « Entre les deux se trouve une grille qui empêche la reine de s’échapper de la ruche. » Tant qu’elle est présente, les ouvrières lui apportent de la nourriture. Nectar, pollen, eau… : elles s’occupent de tout. « Cela se colle à leurs pattes et c’est ainsi qu’elles transportent la nourriture vers la ruche. C’est magnifique à voir ! »


Une quarantaine de fécondations lors du vol nuptial

Les abeilles ouvrières portent bien leur nom. « Elles ne font littéralement que travailler toute leur vie, jusqu’à leur mort », dit Geert. C’est-à-dire après environ 40 jours. Pas de funérailles ni de famille endeuillée. Une ouvrière qui meurt est immédiatement remplacée par une autre. Et ainsi de suite. « Les ouvrières mettent tout en œuvre pour garder le couvain et la reine en vie. » Quant à la reine, elle ne se fatigue manifestement pas trop et vit de deux à quatre ans.

« Pendant le vol nuptial, la reine est fécondée par une quarantaine de faux bourdons. »


« Une reine ne s’envole que deux fois dans sa vie », dit Geert. « Une première fois pour explorer son environnement. Et une seconde fois pour les choses sérieuses : le vol nuptial ! » N’imaginez pas un voyage romantique vers un étang ou tournesol voisin. Non, pendant le vol nuptial, la reine n’a qu’une seule tâche : être fécondée le plus rapidement possible par une quarantaine (!) de faux bourdons ! « Les faux bourdons se réunissent au printemps et en été. Ils proviennent de diverses colonies. Une fois qu’elle est fécondée, la reine retourne dans sa propre ruche. » Elle pond ses œufs, puis les infatigables ouvrières maintiennent les larves en vie pour assurer la descendance.

À la recherche de la grosse reine

Geert et Babette poursuivent l’inspection de leur ruche. Ils ont à présent vérifié presque tous les cadres de près, ce qui requiert une concentration extrême. À tel point que le photographe doit raconter une mauvaise blague* pour faire sourire Babette sur la photo. On pourrait presque penser qu’elle n’aime pas son hobby.

 

Babette adore ses abeilles, mais parfois, il n’y a pas de quoi rire. Et c’est l’un de ces moments. En effet, malgré leurs recherches, Babette et Geert ne trouvent pour l’instant aucune trace d’une reine dans la ruche. « C’est une mauvaise nouvelle », regrette Geert. « Une colonie sans reine est condamnée. C’est assez extraordinaire de voir à quel point celle-ci se porte bien. Il y a beaucoup de pollen dans la ruche, les ouvrières s’affairent. » Mais il n’y a pas de couvain dans les alvéoles ni de grosse reine. « Elle est peut-être encore trop petite pour se démarquer », note Geert. « Mais cela m’étonnerait. Je leur donne encore quelques jours. Les apiculteurs affirment qu’il ne faut pas paniquer tant que les abeilles elles-mêmes ne paniquent pas. Je vais donc encore faire preuve d’un peu de patience. »

« Les guêpes viennent vous déranger lorsque vous mangez ou buvez dehors, mais pas les abeilles. Seules les fleurs et les plantes les intéressent. »


Ils referment la ruche. Nous l’avons suffisamment perturbée. Passons à la suivante. Jusqu’ici, les abeilles carnioliennes ont été fidèles à leur réputation d’insectes inoffensifs. Personne n’a été piqué. « Les abeilles ne piquent pas rapidement. Elles ne sont pas comparables avec les guêpes qui viennent vous déranger lorsque vous mangez ou buvez dehors. Seules les fleurs et les plantes les intéressent. »


Survivante solitaire

Tout se passe bien dans la ruche que Babette ouvre ensuite. Les cadres sont envahis d’abeilles, les alvéoles sont pleines de miel. « Nous pouvons goûter sur ce cadre-ci », dit Geert. « Regardez : voici la reine ! Nous l’avons marquée d’un point jaune sur le dos. Cette colonie se porte à merveille ! »

 

On l’a toutefois échappé belle l’hiver dernier. Pas moins de trois des quatre colonies n’ont pas survécu au froid. « L’hiver, les abeilles consacrent toute leur énergie à garder la ruche chaude », explique Geert. « Nous ne les ouvrons pas. Il faut donc toujours attendre pour voir si elles vont ressortir une fois que le soleil sera plus haut dans le ciel. »

 

Au début de l’année, Babette et Geert ont craint un instant que toutes leurs colonies soient décimées. « Jusqu’à ce que je passe par hasard devant les ruches et que je voie une abeille s’envoler péniblement », intervient la maman, Sieglinde. Elle a couru jusqu’à la maison et s’est écriée : « Elles sont vivantes ! Elles sont vivantes ! » « J’exagère peut-être un peu, mais j’étais tellement heureuse qu’au moins une colonie ait survécu », sourit Sieglinde.

« Je note dans une application quand et dans quelle ruche nous récoltons le miel, comment vont les reines… »


Babette a maintenant à nouveau quatre ruches pleines d’abeilles heureuses. Apparemment, suivre l’évolution de toutes ces abeilles requiert un certain travail de comptabilité. « Je note dans une application quand et dans quelle ruche nous récoltons le miel, comment vont les reines… », continue Geert. Les ruches sont appelées C1, C2, C3 et C4. Cela peut sembler ennuyeux. « Le C fait référence à la race d’abeilles. Ici, ce sont des abeilles carnioliennes. Et le chiffre se rapporte à la ruche. Il serait peut-être plus amusant de donner un nom aux reines », suggère Geert. « Babette, tu peux y réfléchir. »

 

Babette sourit. Elle a autre chose en tête : récolter un cadre de miel. Elle frappe quelques coups sur un cadre. Les abeilles replongent dans la ruche. Babette emporte le cadre sur la table du jardin. Elle en coupe des morceaux sur un plat de service. « Vous pouvez goûter le miel », propose-t-elle. « Ne mangez pas la cire d’abeille. Jetez-la parmi les fleurs, les abeilles pourront la réutiliser. »

 

Babette a ainsi non seulement des abeilles heureuses dans son jardin, mais aussi des invités ravis ! Le miel est délicieux. Sa sœur, Juliette, vient de partir. « Dommage, car dans la famille, c’est elle qui est accro au miel », s’amuse Babette.

Beeyoncé et The Beeatles

Babette et Geert récoltent le miel deux fois par an : au printemps et en été. « Pour récolter le miel des cadres, nous utilisons un extracteur et la force centrifuge. Cela représente toujours beaucoup de travail », affirme Geert.

 

Une abeille se pose sur les cadres. « Ouille ! Nous devons la chasser, sinon il y en aura bientôt tout un essaim ici », note Geert. « Les abeilles communiquent entre elles pour signaler où trouver de la nourriture. »

 

« Elles font une danse. Vous ne le saviez pas, n’est-ce pas ? », rigole Babette. « C’est pourtant la vérité : les abeilles communiquent en dansant. » Nous l’ignorions effectivement. Mais Beeyoncé nous semble alors être un nom idéal pour la reine. (Et les faux bourdons s’appelleraient quant à eux The Beeatles. Ou The Bee Gees. Bon, nous nous égarons…)

« Regarder les abeilles voler, c’est apaisant. C’est comme observer un aquarium, mais c’est plus amusant. »


Babette est manifestement fière du miel de ses abeilles. « J’aime beaucoup m’occuper des abeilles », confirme-t-elle. « Mais le plus chouette, c’est que je peux partager cette activité avec mon papa. »

 

Geert apprécie aussi vivement ce loisir commun. « Après ma journée de travail, je viens parfois observer les ruches pendant une demi-heure », dit-il. D’autres s’affaleraient devant la télévision, mais Geert s’installe dans son fauteuil de jardin. « Regarder les abeilles voler, c’est apaisant. C’est comme observer un aquarium, mais c’est plus amusant. Disons que Babette et moi avons tous deux été piqués par le virus des abeilles ! » (Il rit.)

 

INFO : vous pouvez suivre les aventures de Babette et ses abeilles sur Instagram : @Babettesblijebijtjes

Si vous souhaitez vous lancer dans l’apiculture, renseignez-vous auprès de l’ASBL CARI ou suivez des cours dans l’une des écoles d’apiculture en Wallonie et à Bruxelles.

 

 

*La blague rigolote : « Pourquoi un ours n’est-il pas un koala ? Parce qu’il n’est pas "koalifié" pour cela ! » Ah ah ah.

Encore plus d'inspiration

A.S.Adventure aide aussi les abeilles ! En collaboration avec BeeOdiversity, nous hébergeons deux ruches à notre siège social de Hoboken.


Les abeilles sont mignonnes, mais en voyage, d’autres insectes sont un peu moins charmants. Si vous portez la bonne tenue, aucun d’entre eux ne pourra toutefois vous piquer !


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